Pendant longtemps, j’ai cru que ma capacité à tenir était une preuve de force.
Tenir quand c’était difficile. Tenir quand j’avais peur. Tenir quand je n’en pouvais plus.
Je pensais que si je lâchais, tout s’écroulerait. Alors je contrôlais. J’anticipais. Je portais. Je faisais semblant d’aller bien.
Mais à l’intérieur, j’étais constamment anxieuse. Une anxiété sourde, présente partout, dans chaque domaine de ma vie, comme un bruit de fond que je n’arrivais plus à faire taire.
En amour, cette anxiété avait pris la forme de la dépendance affective. Je confondais aimer et avoir besoin. Je croyais que sans l’autre, je n’étais pas complète. J’attendais des messages, des signes, des preuves. J’avais peur du silence, peur de la distance, peur d’être oubliée. Alors je m’adaptais. Je minimisais mes besoins. Je restais là, même quand quelque chose en moi savait que je me perdais.
Je voulais absolument que ça fonctionne. Je voulais absolument être choisie. Et plus je voulais, plus je m’abandonnais moi-même.
Professionnellement, je m’approchais dangereusement du burn-out jour après jour. Je faisais tout “comme il fallait”. Je donnais beaucoup, trop. Je ne m’autorisais ni pause ni faiblesse. J’avais l’impression que si je ralentissais, je décevais. Que si je disais non, je risquais de tout perdre. Mon corps envoyait des signaux, je perdais du poids, ne dormais plus mais je les ignorais. J’étais déconnectée de mes limites.
Dans ma famille, je ne savais plus qui j’étais. Je portais des rôles qui ne me correspondaient pas. J’essayais de maintenir une harmonie artificielle, souvent au détriment de ce que je ressentais vraiment. Présente, mais jamais totalement à ma place.
Et puis il y avait mes amitiés. Je sortais beaucoup. Pas pour me faire du bien, mais pour oublier. Oublier ce malaise intérieur, cette sensation de vide, cette fatigue émotionnelle. Je fréquentais des personnes qui n’étaient pas alignées avec la paix que je cherchais sans le savoir. Des relations bruyantes, dispersées, souvent superficielles. Des liens qui nourrissaient l’évitement plutôt que la présence.
À force de tout vouloir tenir, je me suis perdue.
Et un jour quelque chose s’est arrêté en moi. Je n’avais plus la force de continuer comme avant. Pas parce que j’étais faible, mais parce que j’étais allée trop loin.
Ce jour-là, j’ai simplement lâché.
Lâché l’idée que je devais mériter l’amour. Lâché la peur de décevoir. Lâché le besoin de contrôle. Lâché les attentes irréalistes que j’avais envers moi-même et envers la vie. Lâcher parce que mon corps m'a dit stop
J’ai compris que ma vie ne pouvait plus être une performance. Que ma paix ne pouvait plus être optionnelle.
Lâcher prise, au début, ça a été inconfortable, destabilisant. Il y a eu du vide. Du silence. De l’incertitude. Mais dans ce vide, j’ai commencé à m’entendre (enfin)
J’ai commencé à écouter mon corps. À respecter mes limites. À choisir des relations qui m’apaisaient au lieu de m’exciter ou de m’angoisser. À préférer la solitude à la compagnie qui m’éloignait de moi-même.
J’ai appris que certaines choses ne se forcent pas. Ni l’amour. Ni la reconnaissance. Ni le timing. Ni la guérison.
Et peu à peu, quelque chose s’est transformé.
J’ai gagné une paix intérieure que je n’avais jamais connue.
Une stabilité qui ne dépendait plus de l’extérieur. Une relation à moi plus douce, plus honnête.
J’ai gagné la liberté de dire non. La liberté de ne plus expliquer.
La liberté de choisir ce qui me fait du bien, même si ce n’est pas compris par tout le monde.
C’est de cette traversée qu’est né mon soin de lâcher prise.
Je ne l’ai pas créé depuis un concept, mais depuis une expérience vécue. Depuis l’endroit de celles et ceux qui sont fatigués d’être forts. Fatigués de porter, de gérer, de contrôler, de rassurer, de tenir debout alors qu’à l’intérieur tout tremble.
Ce soin, je l’ai pensé comme un espace sécurisé. Un moment pour déposer ce qui pèse.
Pour relâcher le corps, calmer le mental, apaiser le cœur. Un temps pour se rappeler que penser à soi n’est pas un luxe, mais une nécessité.
Il s’adresse à toi mais à aussi à toutes les personnes qui sentent qu’elles n’en peuvent plus. Qui sont à bout de bras. Qui ont besoin de souffler, de ralentir, de se retrouver.
Parce que lâcher prise ne signifie pas abandonner sa vie. Ça signifie arrêter de se battre contre elle.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à tout vouloir absolument. Je choisis d’être présente.
Alignée. En paix.
Et c’est tout ce que je souhaite te transmettre aujourd'hui, avec des clés, mes clés, celle qui m'ont sauvé.
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